« My skating was great, but my life wasn’t ».

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Ce weekend j’ai emprunté à la médiathèque le DVD du biopic « Moi, Tonya » réalisé par Craig Gillespie, qui s’est basé sur les témoignages des différents personnages principaux et en a fait cette oeuvre cinématographique unique. Je l’ai beaucoup aimé pour son côté un peu déluré et voulant se rapprocher au mieux de la réalité et des personnes dont on raconte l’histoire ici.

Après avoir vu ce film je me suis posé cette question :  » Est-ce que, quand on est né dans un certain milieu, entouré d’un certain groupe de gens, qu’on a tendance à nous traiter d’une certaine façon, on peut quand même s’en sortir au final et se créer une vie rêvée? ». Ma réponse aujourd’hui serait « ça dépend ».
 Attention, je vais faire du spoil donc si vous ne voulez pas que je vous dévoile certains éléments du film, revenez plus tard !
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LE FILM
La première chose que j’aimerais souligner c’est que ce biopic a été terriblement bien réalisé, j’ai regardé quelques vidéos des années 80 et 90 de Tonya Harding, des interviews des différentes personnes et j’ai trouvé la similarité des images, au niveau des attitudes, des allures, des mimiques, très bien étudié et reproduit.
C’est l’histoire de Tonya, la première américaine à avoir réussi à faire un triple axel en compétition et dont la vie n’a absolument rien d’un comte de fée, c’est même tout le contraire, c’est un cauchemar. Sa mère l’insulte, la bat et lui balance même des couteaux dans le bras au diner, son père l’abandonne quand elle est encore une enfant, le premier garçon qui la regarde, elle se marie avec alors qu’il est tout aussi violent et déséquilibré que la mère de Tonya. Elle déménagera donc d’un foyer malsain pour se retrouver dans une relation violente : le schéma se reproduit, le cercle vicieux continue.
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En plus de tout ce merdier, elle travaille dur pour décrocher les meilleurs scores en compétition, ce qui n’arrive malheureusement jamais, parce que le problème ce n’est pas son talent ou son travail, c’est simplement elle. Son look, sa personnalité, ses choix musicaux, tout ce qui fait qu’elle est elle, tout simplement. Parce que, si une femme veut être une championne de patinage artistique, ma foi, elle se doit  d’être svelte, gracieuse, avoir l’allure d’une princesse, ce qui n’était absolument pas du Tonya.
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Ce qui est difficile à concevoir aussi, c’est à quel point cette femme a construit son pouvoir et sa force dans la haine des autres. Pour qu’elle se dépasse, on lui dit clairement avant qu’elle n’entre sur la patinoire que personne ne croit en elle, qu’elle est une moine que rien, une camionneuse etc.  Elle a du, depuis toute petite, devoir quotidiennement faire ses preuves pour les autres, pour gagner, devenir meilleure mais surtout pour recevoir du respect, chose dont elle a toujours manqué.
Quand elle réussit son triple axel, on voit la joie émaner de son visage car ça ne veut pas dire seulement qu’elle est la première américaine à avoir réussi cette prouesse, ça signifie également que le monde va désormais reconnaitre son talent, son travail et sa personne, chose qui n’a pas été le cas avant. Pour la première fois de sa vie, elle va réaliser que les gens vont davantage l’aimer que se moquer d’elle ou l’ignorer. Et on est vraiment contents pour elle. Mais ça ne va pas trop durer. Je ne vais pas raconter ce qui se passe après car ça n’a pas de lien avec le sujet de mon article, ce jour.
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MA REFLEXION
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 » Est-ce que, quand on est né dans un certain milieu, entouré d’un certain groupe de gens, qu’on a tendance à nous traiter d’une certaine façon, on peut quand même s’en sortir au final et se créer une vie rêvée?« . Ma réponse aujourd’hui serait « ça dépend ». Ca dépend de différents facteurs et je vais en expliquer certains ci-dessous :
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1. La chance et la loi de l’attraction
Je pense que beaucoup ne croient pas à la chance. Je suis persuadée du contraire. Par exemple : J’ai des parents polonais qui sont arrivés en France avec quasi rien, même pas de bonnes connaissances en français. Ils n’avaient que de la détermination, c’est tout. Avec rien  ils se sont construit une vie plus facile que ce qui les aurait attendu en Pologne. Peu de gens les ont aidé, ils ont du se débrouiller, souvent c’était dur, surtout au début mais ils ont fini par y arriver. Ca veut dire que n’importe que est capable de faire ça, s’il se donne les moyens pour.
Il y a énormément de personnes, célèbres ou non d’ailleurs qui ont commencé avec rien et qui sont soit devenues riches, soit célèbres soit tout simplement heureuses, alors que rien ni personne n’aurait pu prédir un destin pareil pour eux. Je considère moi-même être une personne chanceuse pour la simple et bonne raison que je suis née dans un pays développé, j’ai toujours eu à manger, je n’ai jamais eu de problème, j’ai pu faire des études, avoir du boulot, me construire dans un environnement équilibré, etc. Une personne qui est née en Afrique, par exemple, qui vit chaque jour avec la boule au ventre car elle n’est pas sure qu’elle aura à manger pour elle ou ses enfants ou qu’elle soit en sécurité et qu’elle sait que les chances pour s’échapper de cette vie son maigres, pour moi, ce n’est pas une personne chanceuse. Car souvent ces personnes ont beaucoup moins cette possibilité d’être responsable de leur vie, de leur avenir car elles ne peuvent pas quitter leur pays, ou quitter leur famille, quitter un certain régime politique, c’est extrêmement sensible et les gens dans les pays développés n’y prêtent que peu d’attention. Et je déplore cette situation, je me demande si un jour ce monde sera équitable et permettra au moins (au moins) que chacun ait assez pour se nourrir. Mais encore en 2018, nous sommes bien loin du compte et ça reste la norme, sans que personne s’en alarme plus que cela. (Sorry, je m’éloigne du sujet).
On pourrait aussi parler de la loi de l’attraction : Pour moi, si on est ouvert à l’amour, on aura de l’amour en retour ; si on travaille, on récoltera les fruits de notre travail etc. On a rien sans rien. Par contre parfois il est vrai que des personnes qui nous veulent du mal peuvent croiser notre route et il n’est pas toujours simple de réaliser à qui faire confiance et qui éviter, selon notre propre fragilité et sensibilité (on est tous différents).
Dans cette histoire, Tonya n’a pas réellement de chance, si ce n’est de pratiquer son sport favori. Elle ne s’aime pas, elle est entourée de mauvaises personnes et sont caractère se forge après toutes ces tristes expériences et il n’y a pas vraiment de place pour de la niaiserie ou  de la sensibilité, je dirais même que c’est plus l’instinct de survie qui prendrait le dessus.
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2. Les rencontres
Dans le film, Tonya a dans sa vie deux personnes qui sont d’ailleurs toujours à lui coller aux baskets et à lui faire du mal. Elle a eu la chance d’avoir pu avoir au moins une coach pour la guider dans ses entrainements qui était bien plus douce et compréhensive, malgré le fait qu’elle aussi, suggérait fortement à la jeune fille de changer pour avoir davantage de chance de gagner mais aussi afin d’être plus facilement accepté des autres, se faire des amis, être comme tout le monde, disons.
Certaines personnes, ayant je pense de gros soucis d’estime d’elles-même peuvent tomber dans ce panneau où, dès que quelqu’un est gentil avec elles ou leur montre de l’intérêt elles se sentent obligée, dans le besoin de le garder, coûte que coûte, et quittes à se prendre des coups de poings. Mais comment apprendre à s’aimer soi-même, à s’accepter comme on est, à se dire qu’on est « assez bien » quand personne nous a dit « je t’aime », « bravo », « tu en vaux la peine »?
J’ai regardé ce matin une vidéo youtube de la chaîne Esther (qui est formidable, je la conseille, ça touche au développement personnel principalement) intitulée « Pardonner à ses parents ». Et il y a un passage où elle dit en gros que même si on pense que nos parents ont tout fait pour nous pourrir la vie au fond, la plupart des parents ne font que ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils savent et leurs valeurs. Leur passé, ce qu’ils ont vécu, leurs croyances, leurs peurs tout ça compte (exemple : on oblige son enfant à faire des études de médecine car on veut qu’il ait une sécurité financière plus tard).
Et en fait, je suis peut-être naive de dire cela, mais je pense que la mère de Tonya, qui a première vue (enfin, c’est justifié d’ailleurs) semble être une sorte de monstre à lunettes eh bien au fond on peut se demander si elle n’a pas, malgré tout ce qu’elle fait subir à sa fille, un coeur, petit, très petit certes mais un coeur quand même. Elle n’était pas obligée d’inscrire Tonya au cours de patinage, elle n’était pas obligée d’avoir trois boulots pour payer les cours de sa fille, pas obligée de lui coudre ses robes pour les compétitions etc. On peut certes se demander si elle n’a pas fait ça parce qu’elle savait qu’au bout d’un moment elle allait tirer profit du talent de sa fille financièrement parlant, mais j’ai personnellement une autre version, que je préfère (yes peut-être que je raconte de la mouise ici, mais c’est pas grave).
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3. Notre position de victime
Dans le film on l’entend souvent répéter « ce n’est pas de ma faute si.. », « je n’y peux rien », « c’est eux c’est pas moi »  alors qu’à un moment donné il est nécessaire de prendre ses responsabilités. Effectivement son passé c’est son passé, mais on ne pourra rien y changer. Sa mère, son mari, les juges on ne pourra pas les changer. Rien ne pourra changer SAUF l’attitude qu’on prend par rapport à ce qui nous arrive.
Par exemple, quand elle est partie la première fois lorsque les coups de son époux n’étaient plus supportables, elle aurait pu choisir de ne plus revenir vers lui, de couper définitivement les ponts et de ne plus se mettre en danger, et ça n’a pas été fait.  De même, elle a choisit de se reposer un peu sur ses lauriers après avoir eu un succès soudain fulgurant ce qui a engendré, forcément, de plus mauvais résultats par la suite. Donc ici, la seule personne à blâmer c’est elle-même et non les autres. Car les choses auraient pu effectivement devenir jolies après le triple axel ce qui n’a hélas pas du tout été le cas.
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4. La façon dont on décide de combattre
On peut soit choisir d’être fairplay et de faire de notre mieux, sans mentir, sans tricher, sans faire semblant soit on peut faire l’inverse. Selon notre système de valeur, chacun a sa propre façon de penser, de voir les choses et de réagir. Dans le film, l’idée avait été de s’en prendre à la rivale afin, si possible, qu’elle ne puisse pas participer à la compétition et donc laisser toutes les chances à Tonya de gagner.
Personnellement, je pense que plus je suis sincère et je prouve qu’on peut me faire confiance, moins j’ai de problèmes. Moins je manigance, moins je manipule, moins je fais semblant et moins je blesse autour de moi, meilleure est ma vie. Je sais que si je commence à faire n’importe quoi et même à perdre le contrôle de ce que je fais de mon existence ça peut rapidement partir en sucette et c’est la dernière chose dont j’ai envie. Donc là, le personnage et ses companions de fortune, s’ils avaient un peu réfléchi également, aurait pu se poser la question de savoir quelles pourraient être les conséquences de leurs actes.
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5. S’aimer soi même
Une fois que j’ai compris que si je m’aimais, comme j’étais, je n’avais pas besoin des autres pour me complimenter ou m’accepter, m’inviter à des sorties etc. Je ne suis plus manipulable, je suis libre. Une fois que j’ai compris que je n’ai pas besoin d’un mec pour me trouver jolie ou cool, que je n’ai pas besoin de me maquiller pour les autres mais pour moi, que je peux être simplement moi, avec tous mes défauts et mes qualités alors c’est gagné, plus rien ne peut m’atteindre. Une fois que j’ai réalisé que j’avais tout en moi pour réaliser mes rêves, je n’ai plus besoin de blâmer la vie ou les autres car je sais que je suis la seule responsable de mon propre bonheur. C’est un travail difficile, qui prend souvent beaucoup d’années mais une fois que c’est fait, tout change. Positivement.
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En conclusion, je dirais seulement que chacun galère dans sa vie, il y en a qui galère énormément plus que d’autres (ne pas avoir d’eau potable, de faire maltraiter, séquestrer, violer, se faire harceler, manipuler etc). Je pense que les gens qui vont pouvoir lire cet article n’ont pas vraiment des problèmes de cette ampleur. Ils peuvent en avoir d’autres, certes mais ce que je voudrais dire  aux personnes qui se trouvent à la même échelle que moi c’est que je pense que ces événements qui sembleraient nous avoir abimés, blessés, meurtri, nous ont également fait grandir et donné de la force. Par exemple, si mon conjoint me trompe et que je réussis, malgré le fait que je l’aime à le quitter parce que j’estime meriter d’êre heureuse et que j’en suis capable, sans lui, alors même si ça fait mal ce sera quelque chose qui fera toute la différence pour l’avenir, j’en suis convaincue.
La vie de Tonya Harding a été très dure et ce n’est qu’à 44 ans, après qu’elle ait du subir tout ce qu’elle a subi, après qu’elle ait dû abandonner son rêve, sa carrière, après tout ce bordel, c’est seulement maintenant qu’elle a pu se construire une vie saine, avec un mari, un enfant et un travail qu’elle apprécie. Donc je pense que tout reste néanmoins possible mais que le changement peut être aussi très long. Possible. Mais parfois très long.
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PS : Cet article est seulement ma vision des choses, le regard que je porte sur ce que je vois, donc j’espère que je n’ai pas trop dit des bêtises.
Alice

5 réponses sur “« My skating was great, but my life wasn’t ».”

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